4 étapes pour un plan d’action commercial qui ne sert pas à rien.

Un plan d’action commercial, ce n’est pas un caprice de consultant ni un tableau Excel oublié. C’est ta boussole. Sans lui, tu peux courir partout… et finir exactement là où tu as commencé.

Dans ce guide, je te montre en 4 étapes simples comment construire un plan qui sert vraiment. Pas de jargon, juste un cadre clair pour transformer ton énergie en résultats.

Étape 1 : sans vision, tu tournes en rond

Avant de parler chiffres, commence par savoir où tu veux aller. Sans vision, ton plan n’est qu’une agitation bien organisée.

Une vision efficace tient en une ou deux phrases. Pas un roman, pas un slogan creux. Elle doit donner envie, être mémorable, et tracer un cap.

Google, Amazon, Microsoft… tous ont bâti leur empire autour d’une phrase simple. Toi aussi, même sans être patron d’une multinationale, tu peux te donner une boussole.

En clair : formule une vision qui t’inspire vraiment. Sinon, prépare-toi à courir vite… mais en rond.

Étape 2 : fixe des objectifs qui tiennent debout

Fixer des objectifs de vente, tout le monde croit savoir faire. On prend le chiffre de l’an dernier, on l’arrondit à la hausse et on annonce ça en réunion. Bravo, tu viens d’inventer l’art de te piéger tout seul.

Pour éviter ce petit plaisir masochiste, je t’ai préparé un modèle Excel. Oui, Excel… pas très glamour, mais diablement utile. En deux cases, tu as une vue claire de ton historique de ventes. C’est concret, factuel, et ça t’évitera les promesses en l’air.

Maintenant, reste la question : comment transformer ces chiffres en objectifs qui tiennent debout ? C’est là qu’intervient une vieille astuce qu’on a trop tendance à snober : le fameux SMART.

  • Spécifique : un objectif vague, c’est comme une météo approximative. « Augmenter les ventes » ne veut rien dire. « Doubler les ventes de l’offre X sur tel marché », là on commence à parler.
  • Mesurable : si tu ne peux pas le compter, c’est que ça n’existe pas. Les commerciaux adorent se raconter des histoires, mais seuls les chiffres décident.
  • Atteignable : viser la lune c’est joli dans les PowerPoints, mais ça finit souvent en crash. Un objectif doit être ambitieux… et crédible.
  • Réaliste : ça va de pair. Si tu vends des trottinettes en Sibérie, inutile de prévoir une explosion des ventes en janvier.
  • Temporel : sans échéance, un objectif devient un vœu pieux. Fixe une date, sinon ton plan restera au stade de la bonne intention.

En clair : SMART, c’est le garde-fou qui empêche tes objectifs de se transformer en slogans publicitaires.

Ajoute à ça la notion de vitesse du pipeline de vente. Quatre indicateurs suffisent :

  • la durée du cycle,
  • le chiffre moyen par client,
  • le taux de conversion,
  • et le nombre d’opportunités générées.

Mets-les ensemble et tu obtiens une idée assez précise de ta trajectoire de revenus. Court cycle + panier élevé + bonnes conversions + flux d’opportunités = pipeline qui carbure. Long cycle, faibles paniers et taux de conversion timides = il y a un frein quelque part.

Enfin, garde un réflexe simple : décomposer. Même si ton cycle de vente est long, ramener tes objectifs annuels en cibles mensuelles — voire hebdomadaires — aide ton équipe à rester concentrée. Et à la fin de chaque période, au lieu de chercher un coupable, ajuste tes process et tes priorités. C’est là que se joue la progression.

Étape 3 : Segmente avant de courir après ton ICP

On répète partout que la première étape d’un plan commercial, c’est de définir ton client idéal. C’est faux. Avant ça, il faut segmenter ton marché. Parce qu’en surface, tout le monde peut sembler vouloir la même chose (« plus de visibilité »), mais chaque segment a ses raisons, son budget et son propre chemin de décision.

Résultat : ton ICP n’est pas unique. Tu dois en créer un par segment. Et tous les segments ne valent pas ton énergie : certains paient mieux, d’autres sont en croissance, d’autres ne méritent même pas ton café.

Comment faire simple ? En B2B, regarde quatre choses :

  • qui est l’entreprise (taille, secteur, localisation),
  • qui sont les personnes réelles qui décident (et bloquent),
  • quels critères font qu’un deal vaut ton temps ou non,
  • et où concentrer tes efforts (parce que tout le monde n’a pas le même potentiel).

En B2C, c’est plus basique : âge, revenus, habitudes. Mais la logique est la même : vise précis, pas large.

Le piège classique ? Croire qu’on connaît ses clients. En réalité, on projette. Et c’est comme ça que des boîtes entières arrosent le désert. La seule solution, c’est de leur parler. Pourquoi ils achètent, comment ils choisissent, ce qu’ils attendent vraiment, où ils s’informent. Les réponses valent de l’or et transforment un ICP en boussole.

Ensuite, classe tes prospects. A : faciles à convertir, priorité. B : intéressants mais à éduquer. C : lourds et pas rentables. D : laisse tomber. Simple, mais ça t’évite de gaspiller des mois à courir après des clients qui n’avaient jamais l’intention d’acheter.

Etape 4 : Décris tes actions (et mesure les bonnes choses)

Tu as ta vision, tes objectifs, et ton ICP. Bien. Maintenant, arrêtons les grandes envolées et passons aux faits : quelles actions concrètes tu vas mener et surtout comment tu sauras si elles marchent.

Tu peux jeter un œil au modèle Excel que je t’ai préparé. Rien de révolutionnaire : nombre de prospects, ventes conclues, chiffre d’affaires. Simple, mais ça force à poser tes priorités noir sur blanc.

Ensuite, il faut choisir tes KPI. Pas vingt-cinq, pas quinze. Trois à cinq max. Sinon, tu passeras plus de temps à bricoler des reportings qu’à signer des deals.

Les plus utiles ?

  • Prospections lancées (appels, emails, LinkedIn).
  • Rendez-vous fixés.
  • Propositions envoyées.
  • Ventes conclues.

Tout le reste n’est que littérature. Et évidemment, applique la règle SMART : si ton KPI n’est pas précis, mesurable et borné dans le temps, il ne vaut rien.

Mais voilà le piège : définir des KPI sans les suivre, c’est comme acheter une balance et ne jamais monter dessus. Fixe un rythme (hebdo ou mensuel) et ajuste tes actions en conséquence.

Un petit conseil très basique mais diablement efficace : imprime ton plan et colle-le en face de toi. Oui, papier, scotch, mur. Voir tes objectifs tous les jours évite qu’ils se transforment en vœux pieux.

En clair : un plan d’action commercial n’est pas un exercice de style. C’est ton tableau de bord. Sans lui, tu passes ta vie à courir derrière l’urgence. Avec lui, tu choisis ta route — et tu évites d’arriver à destination par hasard.

Foires aux questions

C’est quoi un plan d’action commercial et à quoi ça sert ?

Le plan d’action commercial est un document stratégique qui définit les objectifs de ventes d’une entreprise ou d’un individu et identifie les actions nécessaires à leur réalisation. Il est nécessaire pour appliquer la stratégie commerciale et l’adapter au marché que l’on cible.

Comment créer un plan d’action commercial après le confinement ?

Les 4 étapes de création du plan d’action commercial : définir la vision d’entreprise, fixer les objectifs SMART, choisir le profil cible et les KPI, doivent être reprises pour adapter son plan d’action à un monde en disruption. Généralement il faut réinventer une ou plusieurs de ces étapes pour réussir à planifier une sortie de crise.

Comment créer un plan d’action commercial pour une nouvelle entreprise ou une start-up ?

Du fait de ses ressources limitées, la nouvelle entreprise doit veiller à optimiser son investissement dans les actions commerciales qui produisent le maximum de valeur ajoutée. Les 4 étapes : vision, objectifs, cibles et KPI s’appliquent au plan d’action commercial pour un nouveau produit ou service en accordant une attention spéciale à la partie ciblage.

Que doit contenir un plan d’action commercial ?

Un plan d’action commercial inclut la vision de l’entreprise et du vendeur, ces objectifs SMART par période, une proposition de valeur pertinente et adaptée à chaque cible identifiée, les actions commerciales à mener et au moins 3 indicateurs de performances clés (KPI) à mesurer.

Quelles sont les actions commerciales ?

Les actions commerciales sont celles qui permettent de développer le chiffre d’affaires. Parmi elles, on compte : les appels téléphoniques, les prises de contacts par mail ou InMail, les rendez-vous clientèle, l’organisation d’action de réseautage notamment.

Othmane Bennis
Entrepreneur et fondateur de BuzznessInfo.com, Othmane Bennis partage des conseils stratégiques et actionnables pour aider les entrepreneurs à transformer leurs idées en réussites durables.