Votre téléphone prend les notes de vos rendez-vous

Meet écoute vos réunions en face-à-face et renvoie un compte rendu avec les actions à faire. Qui y a droit, à partir de quand, et les pièges à éviter.

Capture de l'interface Google Meet, le bouton « Take notes » visible en haut de l'écran

Tenir une réunion et la noter en même temps est un compromis que personne ne gagne : on écoute à moitié, on note à moitié, et on reconstitue de mémoire deux heures plus tard.

Google vient de le supprimer. Son outil de réunion, Meet, savait déjà résumer une visioconférence ; il le fait désormais pour les réunions en face-à-face. Le téléphone posé sur la table tient le carnet.

Comment ça marche

Il n’y a ni réunion à créer ni lien à envoyer. Depuis l’écran d’accueil de Meet, sur mobile comme sur ordinateur, un bouton « Prendre des notes » lance une session d’écoute. Une pression au début du rendez-vous, une autre à la fin.

Ce qui en sort est plus complet qu’un résumé. Google produit un document réunissant trois choses : une synthèse structurée de la discussion, la liste des actions qui en découlent, et la transcription intégrale des échanges. Le fichier est déposé dans Drive, et son lien envoyé par courriel.

C’est la liste d’actions qui fait la différence à l’usage. Un résumé, on le relit une fois et on l’oublie. Une liste de « qui fait quoi », c’est ce qu’on cherche en rouvrant ses notes trois jours après.

Qui y a droit, et à partir de quand

Le déploiement est en cours, et par étapes. Android a ouvert le bal le 11 août, la version web a suivi à partir du 14, et l’iPhone n’y aura pas droit avant le 31 août. Google prévient que la fonction peut mettre plus de quinze jours à apparaître après ces dates : un bouton absent ne signale pas une panne, mais une file d’attente.

Côté abonnement, la fonction est absente des formules d’entrée. Elle exige une offre professionnelle Business Standard ou supérieure, une offre Enterprise Standard ou supérieure, ou, pour un particulier, un abonnement Google AI Pro ou Ultra. Une adresse Gmail gratuite n’y donne pas accès.

Le jour où le client se souvient autrement

Le gain n’est pas de gagner cinq minutes de rédaction. Il est de pouvoir tenir un rendez-vous en étant présent, et d’en ressortir avec le compte rendu exact de ce qui s’est dit. Pour un indépendant qui facture au forfait, c’est ce compte rendu qui tranche, trois semaines plus tard, quand un client affirme que telle prestation était comprise dans le prix.

Le calcul est simple à faire vous-même. Comptez vos rendez-vous d’une semaine, ajoutez le temps que vous passez à remettre vos notes au propre et à écrire le message de suivi, et comparez au coût de l’abonnement qui débloque la fonction. Pour beaucoup d’indépendants, le seuil est atteint dès le deuxième rendez-vous du mois.

Il y a un effet moins évident, qui apparaît au bout de quelques semaines : vos rendez-vous deviennent consultables. Retrouver ce qu’un client avait demandé en juin ne dépend plus de votre mémoire ni d’un carnet, mais d’une recherche dans votre Drive. C’est ce que les grandes entreprises appellent, en termes pompeux, de la mémoire d’entreprise, et un indépendant vient d’y accéder pour le prix d’un abonnement.

Deux réflexes avant de vous en servir. D’abord, prévenez les personnes en face. Un téléphone qui enregistre une conversation professionnelle sans que personne ne le sache, cela se remarque toujours, et cela se paie plus cher que le temps gagné. La phrase tient en une seconde : « ça vous va si je fais tourner la prise de notes ? »

Ensuite, relisez avant d’envoyer. Ces comptes rendus se trompent surtout sur ce qui n’a pas été dit franchement : une réserve exprimée à demi-mot devient un accord dans la synthèse. Le document est un brouillon très avancé, pas un procès-verbal.

Sources

Google Workspace Updates, l'annonce officielle du déploiement