Amazon rend son assistant IA gratuit sur la télé
Un abonnement à 19,99 dollars par mois disparaît du téléviseur, et ce qui reste payant dit où Amazon place désormais la valeur.
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Il aura fallu six mois à Amazon pour passer un assistant vocal du statut d’abonnement payant à celui d’équipement fourni avec l’appareil. Le 4 février, l’entreprise ouvrait Alexa+ à tous les États-Unis : inclus pour les abonnés Prime, 19,99 dollars par mois pour les autres. Le 19 août, elle l’inclut sans supplément sur les téléviseurs et boîtiers Fire TV compatibles, que le foyer soit abonné Prime ou non.
La bascule se fait sans rien demander à personne. Pas d’application à installer, pas d’abonnement à activer, pas de geste à faire : les appareils éligibles reçoivent la mise à jour. Sont concernés les clés Fire TV de la génération en cours, le boîtier Fire TV Cube, les téléviseurs Amazon Ember, et les modèles Hisense et Panasonic vendus avec Alexa+ intégré.
Ce que l’assistant sait faire sur un téléviseur
L’intérêt annoncé porte sur la recherche de contenu. Au lieu de saisir un titre exact, on décrit ce qu’on cherche, puis on affine à l’oral : un thriller bien noté, puis quelque chose de plus récent, puis avec un premier rôle féminin. L’assistant tient la conversation et garde le fil des questions précédentes.
Amazon avance deux mesures d’usage. Les possesseurs de Fire TV ont près de deux fois plus d’échanges avec Alexa+ qu’ils n’en avaient avec l’Alexa d’origine. Et ils retiennent la première recommandation proposée plus de 40 % de fois plus souvent qu’avant. L’entreprise cite aussi le pilotage de la maison depuis l’écran, l’affichage d’une caméra Ring à la demande, et les questions courantes de météo ou de score posées pendant qu’on regarde autre chose.
La partie qui reste payante dessine la vraie carte
Le communiqué détaille ce que la gratuité ne couvre pas, et c’est l’information la plus utile de l’annonce. Il faut Prime ou l’offre Alexa+ Standard pour utiliser l’assistant sur les enceintes Echo, pour créer des routines, pour accéder à certains moments enregistrés par une caméra Ring, et pour les modes domestiques avancés qui automatisent les appareils connectés.
La conversation est donc offerte, l’automatisation reste facturée. Répondre à une question et comprendre une demande formulée en langage courant sont devenus des fonctions de base, au même titre que la télécommande. Ce qui se vend encore, c’est l’enchaînement d’actions entre plusieurs appareils, la mémoire des préférences d’un foyer, et l’accès aux données que ces appareils produisent.
Rien de tout cela en France pour l’instant
Le déploiement concerne les seuls clients américains. Amazon indique que d’autres appareils et d’autres régions pourront s’ajouter avec le temps, sans donner de calendrier. Personne en France ne verra donc son téléviseur changer cette semaine, et le tarif de 19,99 dollars cité ici est celui du marché américain.
Ce qui devient difficile à facturer
Pour qui construit ou revend des assistants, l’annonce donne un repère de prix. Une recherche conversationnelle dans un catalogue, avec suivi du contexte et questions de relance, vient d’être intégrée sans supplément à un appareil vendu quelques dizaines de dollars. Ce niveau de service devient un point de comparaison implicite pour tous les clients qui ont ce genre d’appareil chez eux.
La déduction, présentée comme telle, porte sur l’endroit où la valeur se déplace. Ce qu’Amazon garde derrière l’abonnement ressemble beaucoup à ce qui reste défendable ailleurs : les règles propres à une activité, les données que personne d’autre ne possède, et le fait de déclencher une suite d’actions dans plusieurs systèmes plutôt que de répondre à une question. Vendre l’accès à une conversation devient un pari difficile quand un fabricant de matériel la fournit avec le boîtier.
Reste une question que le communiqué ne traite pas. Faire tourner un assistant de ce niveau sur des millions de téléviseurs coûte cher à chaque requête, et Amazon ne dit pas ce que ce coût lui rapporte en retour. La réponse la plus probable se trouve du côté de ce que l’assistant apprend des foyers qui lui parlent, et de ce vers quoi il oriente leurs achats.
Sources
Amazon, l'annonce de l'arrivée d'Alexa+ sur Fire TV